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Pinguicula

Contrairement à ses cousines, Utricularia, Genlisea de la famille des lentibulariacea, la pinguicula est une plante terrestre de milieux humides. Elle est fréquemment rencontrée dans les régions montagneuses. En plus, elle préfère les endroits ombragés cependant certaines espèces tolèrent bien le soleil.

Ce genre compte environ 45 espèces, la majorité se trouvant dans l'hémisphère Nord. Son nom vient du latin "pinguis" ce qui signifie "gras". En effet, on ressent la texture du beurre lorsqu'on la touche du bout des doigts.

La plante forme une rosette composée de 6 à 12 feuilles de couleur vert pâle à jaunâtre. Elles atteignent une longueur variant entre 2 et 15 cm ( ¾'' et 6'') selon l'espèce. Elles sont plutôt rondes ou oblongues quoiqu'il existe des espèces à feuillage filiformes (par ex. P. gypsicola).

Le piège de la pinguicula est pourvu de 2 types de glandes : des glandes collantes qui dégagent aussi une odeur de champignon pour attirer ses victimes et des glandes de digestion, lesquelles produisent des enzymes pour les digérer. C'est un piège du type passif "avec un léger mouvement". En effet, une fois la victime bien engluée, le bord de la feuille s'enroule autour de celle-ci pour permettre une plus grande surface de digestion. Il semble aussi que cela empêcherait la dilution des sucs digestifs lors d'une pluie. Ce phénomène de l'enroulement des feuilles s'observe seulement après quelques heures puisqu'il s'effectue très lentement.

Il existe deux types de croissance chez les pinguiculas : l'homophylle et l'hétérophyle. Le premier génère des feuilles de même forme et de même taille tout au long de l'année, même en période de dormance. Le second produit deux types de feuilles totalement différentes selon que la plante est en dormance ou non. En effet pour la période de dormance; les feuilles se replient en un bourgeon d'écailles vertes, d'où la formation d'un bulbe d'hiver plus, la période de repos se caractérise souvent par la formation d'un bulbe qu'on appelle hibernacle. Parmi les deux types de croissance, on retrouve les pinguiculas tropicaux et les pinguiculas de climats tempérés.

Les pinguiculas sont plus ou moins faciles à cultiver car ils sont sensibles au pourrissement causé par un excès d'eau. De façon générale, les pinguiculas tropicaux sont les plus simples de culture. Les amateurs peuvent débuter avec P. moranensis qui semble la moins rébarbative. On devra tout de même se renseigner sur l'origine de chaque plante afin de lui procurer les conditions de croissance les plus favorables. En effet, les températures et la période de dormance peuvent être très différentes d'une espèce à l'autre.

La hampe florale porte une fleur unique dont le diamètre peut varier entre 2 et 5 cm selon l'espèce. Sa couleur peut aller du blanc au pourpre en passant par le rose et le bleu (à noter que P. lutea à des fleurs jaune sulfureux et P. laueana des fleurs rouges écarlates...). La fleur est composée de deux lèvres et d'un éperon. L'une des lèvres est constituée de trois lobes et l'autre de deux. La beauté de sa fleur est spectaculaire et n'a rien à envier même aux orchidées. D'ailleurs, la Pinguicula est particulièrement prisée des orchidophyles puisque cette dernière capture les moucherons indésirables dans leur culture. Outre sa beauté, elle est donc très utile...

Les espèces suivantes se retrouvent au Canada: Pinguicula vulgaris, Pinguicula macroceras, et Pinguicula villosa.

Texte de Nathalie Samson 30/10/00
finalisé le 11/05/02 par : Conrad Bertrand, Michel E. Tremblay, Trefflé Courchesne

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