Triphyophyllum
Seule
espèce représentant ce genre, le Triphyophyllum
peltatum fait cependant le ravissement de tous les connaisseurs
voyageant en Afrique de l'Ouest, au Sierra Leone, au Liberia ou
sur la Côte d'Ivoire.
Le
nom attribué à ce genre a été suggéré
par le feuillage de la plante. En effet, durant son cycle de vie,
le Triphyophyllum peltatum produit trois types différents
de feuilles. La jeune plante donne des feuilles longues en forme
de lance. Par la suite, elle engendre des feuilles collantes aux
propriétés insectivores - la partie inférieure
de la feuille assure la fonction de " photosynthèse
" alors que la partie supérieure est distincte et
a un rôle " insectivore ", ce qui la rend très
semblables à celles de Byblis et Drosophyllum. Dans son
dernier stade de croissance, Triphyophyllum peltatum cherche plutôt
à grimper. Il produit alors des feuilles dotées
d'une " vrille " à leur extrémité.
C'est une sorte de cordon qui s'enroule aux objets environnants
pour supporter la plante. Sa croissance terminée, la plante
fleurit, puis laisse tomber ses semences au sol ou dans l'eau
puisque cela se produit pendant la saison des pluies. La graine
du Triphyophyllum peut flotter. Lorsque les semences chutent de
la canopée de la forêt, elles peuvent se laisser
dériver au gré des courants et parcourir ainsi de
longues distances pour s'implanter ailleurs.
La
culture du Triphyophyllum peltatum n'est pas une entreprise facile.
Dès la départ, la cueillette des graines est une
activité onéreuse et périlleuse.
En
effet, leurs milieux naturels sont très éloignés
et souvent difficiles d'accès, autant en raison de la qualité
des chemins que du climat politique pourri de ces régions
( la guerre y faisant souvent rage...). La récolte elle-même
est problématique car cette plante peut atteindre une hauteur
de 30 mètres (100 pieds) avant de fleurir. À moins
d'être un casse-cou, il est recommandé d'attendre
la tombée des graines au sol plutôt que de grimper
à ces hauteurs vertigineuses. Dernier problème alors,
les graines sont produites durant la saison des pluies par conséquent
la circulation routière est très difficile voire
impossible dans ces régions démunies.
Des
problèmes supplémentaires peuvent aussi survenir
durant sa croissance en serre. En effet, c'est une plante dont
le réseau racinaire est très vaste et qui se ramifie
dans un sol plutôt pauvre ; sa culture exige donc un pot
très grand.
Triphyophyllum peltatum nécessite des périodes de
sécheresses et d'arrosage bien définies pour reproduire
son milieu naturel. La température doit cependant être
très chaude et humide en tout temps car c'est une plante
d'origine tropicale. De plus, sa très haute taille exige
de la cultiver aussi dans une serre de grande dimension. Tout
ceci nécessitera donc des déboursés majeurs
en chauffage et construction de serre... La tailler ne résoudrait
pas le problème car il semble que lorsqu'on coupe la plante
durant sa phase grimpante, celle-ci perd ses fonctions "
insectivores " . Rien de facile donc pour l'amateur de Triphyophyllum
peltatum...
Si
vous passez par la ville de Bonn, en Allemagne, faites un saut
à son université, vous y verrez de magnifiques spécimens
de Triphyophyllum peltatum. Bravo !
Texte
de Chris Fieger 30/10/00
finalisé le 11/05/02 par : Conrad Bertrand, Michel E. Tremblay,
Trefflé Courchesne
images : http://carnivoren.bei.t-online.de