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Ibicella Lutea

Ibicella lutea (Lindley) Van Eseltine : la griffe du diable

Cette plante de la famille des Martyniaceae possède une caractéristique bien singulière : elle peut être cultivée dans un terreau ordinaire. En effet, on peut la cultiver dans les plates-bandes, sur les terrasses ou comme toutes autres plantes de maison.

Taxonomiquement parlant, elle a un passé plutôt houleux : ballottée de la famille des Pedaliaceae à celle des Martyniaceae, ainsi que des genres Martynia, Proboscidea elle a fini sa course avec le charmant nom de genre Ibicella. Originaire du Brésil, elle s’est toutefois répandue dans les Amériques. Elle est aussi considérée nuisible à certains endroits du globe comme l’Australie.

Considérée comme une annuelle, Ibicella lutea peut s’avérer difficile à faire germer. En effet, un processus appelé scarification est souvent nécessaire afin d’obtenir un bon taux de germination. Cette technique consiste à sabler ou à percer l’enveloppe de la graine afin de faciliter la germination. Elle peut s’effectuer de plusieurs manière : soit par craquer la graine délicatement à l’aide d’un outil tel un marteau ou de couper le coin le plus pointu de la semence afin de permettre une meilleure pénétration de l’eau. La température idéale pour la germination se situe aux environs de 21°C et a lieu en environ 3 semaines.

Le carnivorisme de cette plante n’est toutefois pas tout à fait prouvé. En effet, bien que certaines études anciennes (Beal, 1875; Mameli, 1916; cités par Schnell, 2002.) démontrent que la plante aie pu digérer des morceaux de viandes ou d’œufs cuits dur, des études récentes (Meyer-Rice, 1999) ont été conduites afin de démontrer la présence de protéases (enzymes nécessaires à la digestion des protéines et donc de proies potentielles) se sont avérées infructueuses. Toutefois, cette plante est tout de même dotée de la capacité de capturer des proies grâce aux poils glanduleux qui la couvre en entier. De plus, ses magnifiques fleurs ainsi que sa capacité d’être facilement cultivée en plate-bandes lui valent tout de même un intérêt considérable.

Portant parfois le nom griffe du diable, bien que d’autres plantes aussi ce nom plutôt populaire, on comprends très bien pourquoi y avoir associer un nom aussi sinistre après avoir vu la forme de ses capsules de graines.

On peut la cultiver comme une plante ‘ordinaire’, en pot ou en terre dans un mélange modérément drainant. Cette plante de près de 50-80 cm de hauteur apprécie un coin ensoleillé et demande une fertilisation régulière. Vous pouvez donc la traiter comme les autres annuelles de votre terrasse. Elle peut toutefois être considérée comme une vivace tendre, si vous prenez le soin de la rentrer à l’automne, un peu comme le font certains amateurs d’horticulture avec leur Geranium.

Seul hic, la plante peut s’avérer gluante au touché, alors avis aux plus dédaigneux. De plus, les plants adultes dégagent une légère odeur nauséabonde, surtout perceptible lors de la culture en endroits fermés. Elle reste tout de même un belle expérience horticole à tenter, de plus que la banque de semences de la SCAPI en a une bonne quantité en stock!

Bibliographie

Plant of the week, 2001. Plant of the Week: Ibicella lutea, Martyniaceae. http://www.plantoftheweek.org/week139.shtml Page consultée le 5 mars 2005.

Rice, B.A. 1999. Testing the appetite of Ibicella and Drosophyllum, Carnivorous Plants Newsletter.
http://www.carnivorousplants.org/cpn/samples/Science282testing.htm Page consultée le 5 mars 2005.

Rice, B.A., 2004, Carnivorous Plant FAQ v10.0,
http://www.sarracenia.com/faq.html Page consultée le 5 mars 2005.

Schnell, Donald E. 2002. Carnivorous plants of the united States and Canada, 2e édition, Timber Press, Inc. Portland, OR, USA. 468 p.

Écrit par : Tommy Landry le 30/10/05