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Utriculaires

Cette grande famille regroupe environ trois cent espèces, soit près de la moitié des plantes insectivores à la grandeur du globe. Les espèces sont très variées. Autant elles poussent dans des lieux différents, autant leurs formes varient d’une espèce à l’autre.

Chez les utriculaires, la première distinction à faire porte sur le milieu naturel. À ce jour, selon l'expertise d'éleveurs expérimentés, ce groupe se divise en quatre : 1. les terrestres 2. les épiphytes, 3. les complètement aquatiques et enfin, 4. les amphibies.

Les utriculaires terrestres poussent surtout dans les tourbières humides, les marais et les rives des lacs. Les utriculaires épiphytes vivent sur les arbres et sur d'autres plantes bien qu'elles peuvent parfois se retrouver au sol. Les aquatiques croissent uniquement dans l'eau. Les utriculaires amphibies se retrouvent sous l'eau et à sa surface dans les régions où le niveau de l'eau change tout au long de la saison de croissance. Toutes les utriculaires préfèrent donc un environnement très humide.

Les espèces terrestres ressemblent à rien de moins que des herbes courtes même si certaines d'entre elles ont des feuilles très différentes des graminées ( ovales, triangulaires…). La plupart de ces espèces restent très petites, atteignant une hauteur maximale de 1.3 à 2.6cm (un demi à un pouce). Plusieurs espèces peuvent atteindre toutefois une taille supérieure.

En général, les espèces avec les feuilles les plus longues sont "épiphytes". Par exemple, l'utricularia praelonga peut avoir une hauteur de 20cm (huit pouces). Les utriculaires épiphytes blessent aucunement leur hôte et ne s’en servent que comme support à leur croissance. On retrouve ces dernières dans les jungles tropicales humides.

Les trappes des terrestres et des épiphytes sont généralement souterraines dans une structure qui a l’apparence d’une racine. Le piège prend la forme d’une bulle ou d’un sac pourvu d’un trou. Cet orifice est une porte ou plutôt une sorte de valve qui empêche l'eau d'entrer à l'intérieur du piège. Près de la porte, des poils sensibles déclenchent la réaction de capture de la proie lorsqu’ils sont le moindrement stimulés. Lorsque la trappe n'est pas en action, il n'y a pas d'eau à l'intérieur. Ce n'est que lorsqu’une proie effleure les poils que la porte s'ouvre et que l'eau pénètre à l'intérieur en y attirant la victime ( ce phénomène est comparable à ce qui se passe quand on presse un bouteille en plastique sous l'eau ). La porte se referme lorsque la trappe est complètement remplie. Ensuite, l'eau est lentement expulsée afin que la proie seule demeure dans le piège. Environ trente minutes plus tard, le piège est à nouveau prêt pour la capture d'un autre insecte.

Les utriculaires aquatiques vivent complètement submergées sous l'eau. Certaines espèces savent s’adapter pour survivre pendant un certain temps hors de l'eau, ce sont les amphibies. Le mode de croissance peut être cependant très différent chez ces deux groupes. Quelques espèces ressemblent à des mèches de cheveux flottantes, d'autres ont l'allure de buissons sous-marins ancrés dans le sol. Il y a même une espèce, utricularia inflata, qui produit des poches d'air allongées flottant à la surface de l'eau. Les pièges fonctionnent comme pour les terrestres et les épiphytes mais ils peuvent aussi être produits sur les feuilles et/ou certaines tiges spécifiques. La taille des trappes peut varier de microscopique à 1.3 cm (un demi pouce). La floraison est très semblable à celle des utriculaires terrestres. Elle offre de nombreuses couleurs bien que le jaune prédomine. Les utriculaires aquatiques de climat tempéré produisent des bourgeons hivernaux. Ceux-ci tombent au fond de l'eau et y survivent durant tout l'hiver. La plante qui a généré les bourgeons meurt. Finalement, les utriculaires aquatiques et amphibies se plaisent dans les tourbières, les marais et les lacs. Elles apprécient les endroits assez calmes avec un léger courant.

On trouve en Australie quelques espèces d'utriculaires produisant des tubercules. Ces organes de réserve assurent la survie de la plante durant les périodes de sécheresse. Une ou plusieurs fleurs apparaissent sur leur hampe florale, ceci dans une grande variété de formes et de couleurs. Certaines espèces ont des fleurs qui ne s'ouvrent pas entièrement alors que d'autres produisent aussi en même temps des fleurs qui s'ouvrent au complet. Plusieurs espèces d'utriculaires peuvent s’auto féconder.

Chris Fieger, Trefflé Courchesne et Conrad Bertrand
Mise à jour: 30/10/00, 10/03/02, 27/07/02

image : www.californiacarnivores.com